DECOLAP - Äppelchen 2 |
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Ces cahiers (Réf. Catalogue NATHAN sous Ecriture : Supports blancs, formats A5 ou A4) contiennent des pages blanches pour dessiner. Chaque page est munie en bas de lignes prévues pour un petit texte accompagnant l'image.
Chez nous, ce texte est rédigé par la maîtresse d'après le récit de l'enfant qui vient de dessiner. L'enfant est également libre d'écrire lui-même son texte sur ces lignes; il y est invité.
Pour les grands, avoir un cahier en maternelle représente une promotion avant l'heure.
C'est à partir d'une expérience commune ou d'une idée émanant du sujet traité actuellement en classe ou simplement à partir d'un intérêt pressant né de leur vécu individuel que les enfants dessinent chaque semaine une image (nous dessinons une histoire, disons-nous; par exemple: Lorsque j'étais petit, Je suis un champion, Mon meilleur copain, Quand je serai grand).
Le cahier a le grand avantage de rassembler toutes les histoires d'un enfant. Ainsi il a le souvenir immédiat et précis de ce qu'il a déjà réalisé. Les précédents le stimulent à toujours faire mieux et à continuer, car il est fier de son cahier. Il pourra le montrer facilement à ses parents lorsqu'ils viennent en classe. Des questions-réponses s'engagent alors très vite sur un tas de sujets.
Lors de la soirée parents d'élèves, ce sont ces cahiers qui ont le plus charmé les parents, car ils y retrouvent bien leur enfant, mais également ses côtés mystérieux et inattendus.
Les enfants se mettent au travail avec leur cahier par groupes de quatre. Ils commencent souvent par discuter et commenter leurs dessins antérieurs et essaient de se rappeler de ce qu'ils ont pu raconter dans le texte. Par ce préambule, ils se mettent en état de pouvoir commencer une nouvelle histoire. Souvent leurs discussions sont si effrénées qu'il faut leur rappeler le nouveau sujet. Celui-ci n'est d'ailleurs pas toujours scrupuleusement respecté, peu importe, car il ne sert finalement que de prétexte.
Le fait de raconter l'image à la fin peaufine leur idée de dessin, parfois ils rajoutent un détail après le récit.
La maîtresse, pressée par l'envie de raconter de tous les enfants à la fois, n'est souvent pas à même d'écrire à la vitesse du récit de chacun. Ainsi, le texte final écrit ne rend que partiellement le discours de l'enfant et celui-ci le réalise bien. Pour l'enfant, l'essentiel c'est qu'il y ait un texte, car celui-ci complète et valorise son image. Lorsque, de temps en temps, il y a un raté graphique, ceci n'a pas trop d'importance, car le texte inventé va tout redresser.
A l'inverse, si l'image est très parlante, elle ne nécessite plus beaucoup de texte.
S'il faut certes disposer d'un minimum de vocabulaire pour exprimer son idée et, le cas échéant, la défendre, le grand intérêt langagier de cet exercice de cahiers réside dans l'expression orale librement consentie, qui se fixe par l'écrit. Le fait de laisser la parole à l'enfant lui confère une importance. Des fois il s'emballe même carrément dans son récit, dépassant largement l'image qui est devant lui.
Cette libération de mots inspire d'ailleurs les compagnons qui l'écoutent. Ils reprennent certaines idées en les modifiant à leur gré. La réalisation de ces cahiers devient ainsi jeu d'idées, de rêves et de paroles.
Les enfants viennent de dessiner en groupes de quatre une image
sur laquelle ils sont des champions. Lorsqu'ils ont tous terminé,
la maîtresse rejoint chacun d'eux pour la transcription
de leur histoire. Suit le dialogue maîtresse - enfants.
Un enfant «dicte» son histoire à la maîtresse,
qui le transcrit. Elle répète, tout en écrivant
ce que l'enfant vient de dire.
Ici Thais dicte son histoire, Laurent et Raquel écoutent en attendant leur tour.
Thais: Dat as Joffer. Hano dat as Joffer an Anairda a Sonia an ech an Sonia an Laurent
Joffer schreift op a seet derbäi: an de Laurent. (Duerch hiert Matschwätzen strukturéiert d'Joffer d'Schrëftsprooch.) A wat maachen déi dann all?
Thais: Déi laachen, déi si frou an déi sin danzen. (Korrekt Lëtzebuergesch!)
Joffer: an déi danzen, jo? (Interpretatioun duerch d'Joffer. Mat hirer Réckfro «Jo?» fuerdert d'Joffer d'Thais zum Nodenken iwwert d'Sprooch op.)
Thais: Hano as ech erzielen eng Geschicht.
Joffer: Herno erzielen ech
Raquel: eng Geschicht.
Thais: An Raquel huet e Gebuertsdag a laacht.
D'Joffer schreift op.
Thais: an de Häerz, an d'Stäeren, déi sin do, déi si brav.
Raquel: Wou sin ech?
Thais: Du? Do!
D'Joffer widderhëlt alles, wat bis elo geschriwwe gouf: As dat alles, oder solle mer nach schreiwen?
Thais: 't as bëssi nach, well di Bicher, di sin do.
Joffer: As dat de Bichereck? Ah! schreift: den Bichereck
Raquel: Bicher eck
Thais: An Joffer gesot: Mir sin a Rou mat de Bébé.
Joffer: An d'Joffer seet, mir misste roueg sin mam Bébé? As et esou?
Thais: Jo, firwat dee, dee schlooft.
D'Joffer schreift op.
Laurent: well dee schléift.
Joffer: Mhm. Schreift op a seet: Well dee schléift.
Thais seet mat: Well dee schléift.
Joffer: As dat alles?
Thais: Jo.
Doduerch dass d'Joffer opschreift, wat d'Kanner soen, mediéiert se d'Sprooch. Hir Aktivitéit erlaabt et de Kanner, sech bewosst iwwert a mat Sprooch ze ënnerhalen.
Maryse Pauly-Meisch
institutrice de préscolaire à Luxembourg
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