DECOLAP - Äppelchen 3

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Mir spille Police

Jérôme, petit bonhomme très vif d'esprit, mais avec de gros problèmes d'ordre orthophonique et un peu maladroit, adore se mettre dans la peau d'un policier. Dans une histoire qui s'intitulait " Quand je serai grand ... " , il se dessinait en policier et il commentait:

Ech gi mat den Honn Béiser fänken. (...) Ech gin eng Police, déi e Stär huet. 't as waarm, d'Honn strecken d'Zong eraus. Si hu spatz Zänn. Ech hun eng Pistoul, domat schéissen ech op e Béisen. D'Police as staark, déi huet Muskelen wéi dem Fabio séng.

Son jeu de rôle est souvent violent; en général, il joue le fort à la recherche de méchants. Tous les copains de classe (à part ceux qui jouent au chien) deviennent méchants en puissance, même les mamans nourrissant sagement leurs bébés.

Un jour j'étais, moi aussi, convoquée au bureau de police moyennant une lettre. Je me présentais au rendez-vous, et quel ne fut mon étonnement lorsque je n'allais pas directement en taule, mais que quelques palabres suffisaient pour déstabiliser ce policier endurci. Il ne savait en fait pas ce qui était marqué sur son papier. Finalement il voulait me faire payer une amende pour un délit inconnu et lorsque j'ai refusé, il m'a aimablement dit au revoir.

Ce jeu fut repris en discussion dans la ronde matinale. Quelques enfants, garçons et filles, se plaignaient du mauvais traitement qui leur avait été réservé, d'autres envisageaient déjà de copier le lendemain le rôle de Jérôme, et lui-même interdisait aux autres de le faire, car dans son jeu, il n'y avait de place que pour un chef.

Ayant été impliquée directement, je me sentais moi aussi en droit de demander quelle suite Jérôme prévoyait à son rôle. J'estimais par ailleurs qu'un contrat était nécessaire pour que ce jeu puisse avoir lieu dans des conditions acceptables pour tous, garantissant le droit de Jérôme et de ses copains à poursuivre leur jeu, et celui des autres à ne pas être dérangés.

Il fut décidé que dorénavant on jouerait au policier en atelier, comme pour le coin dînette, que le bureau de police aurait un chef et un sous-chef et au maximum deux chiens, et que les policiers n'auraient jamais le droit de faire mal, même aux méchants. Il était bien entendu que Jérôme serait le chef en premier et que le cours du jeu dépendrait de lui.

Voici comment Jérôme a commenté son jeu le lendemain:

Ech man Ziedelen fir e Protokoll, wann een Dommheete mécht. Mir hate keen Hond. Mir si keng Pompje'n. Muer spille mer nach. Dann as den Anthony och eng Police an d'Poli an de Laurent spillen Policehond, déi fanne Spueren.

Maryse Pauly-Meisch
institutrice du préscolaire à Luxembourg


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