| Le livre d'Eve Gregory Making Sense of a New World
m'a montré qu'il ne suffit pas de lire le livre et d'en montrer les images. J'ai
découvert que le "shared reading" (faon de lire que beaucoup de mamans
adoptent quasi instinctivement avec leurs très jeunes enfants) peut aussi tre
appliqué
l'école. Il s'agit l
de lire le texte, en montrant du doigt les
mots qu'on lit, en laissant montrer les enfants, en incitant les enfants
lire les
mots qu'ils connaissent,
interrompre le flux de l'histoire pour poser des
questions,
établir des hypothèses sur la suite de l'histoire. Les
histoires sont discutées. Les enfants disent leur opinion sur l'histoire elle-mme,
sur certains personnages de l'histoire et ils expriment leur accord ou leur désaccord.
Ceci leur donne des situations authentiques d'expression langagière. Dans ma classe, une
des discussions les plus intéressantes et animées s'est présentée après la lecture du
livre "Du hast angefangen - Nein du" de David McKee (Sauerländer, Aarau). Après
tout, les lecteurs adultes se parlent des livres qu'ils ont lus et qu'ils ont aimés. De
cette faon, on montre aux enfants que la lecture n'est pas une activité
individuelle, mais sociale.
Les enfants emmènent chaque samedi un livre
la maison. J'ai un stock assez
important de livres d'images dans ma salle de classe. A chaque livre emporté
la
maison, j'ai ajouté une carte avec une des mentions suivantes:
1) votre enfant peut lire le livre lui-mme,
2) lisez le livre ensemble avec votre enfant,
3) lisez le livre
votre enfant.
Certaines histoires incitent beaucoup les enfants
en raconter leur version avec
leurs commentaires. Les enfants font ce travail en groupes de 3 ou 4
l'aide de TEO,
logiciel de traitement de texte oral. Au début de l'année scolaire, les enfants
enregistraient leurs histoires en luxembourgeois, pour passer assez vite
l'allemand. L'enregistrement des histoires dans la version des enfants leur permet
d'utiliser les mots de l'histoire combinés
leur propre langage. Le fait de
travailler en groupe permet aux enfants étrangers de participer activement; C. par
exemple, qui comprend et parle très mal le luxembourgeois répète certains mots ou des
bribes de phrases exprimées par des enfants plus compétents en allemand. Le travail
langagier se passe donc surtout par l'interaction entre les différents enfants. Ensemble,
ils sont capables de "produire" une histoire qu'
eux seuls ils ne
réussiraient pas.
Donner leur propre version d'une histoire "(...) helps children to build up
their language, helps to become literate, helps to develop written skills and their
reading" (Eve Gregory)
En racontant ce qui leur a été lu, les enfants donnent leur propre version de
l'histoire. Ils insistent sur différents points qui leur semblent importants. Dans
l'histoire de Peter und der Wolf de Serge Prokofieff qu'on a racontée dans la version de
Walt Disney, ils ont insisté beaucoup sur le fait que le loup était très méchant. |
| En outre T., un élève portugais, a amené
l'école une version portugaise de l'histoire. Il en était très fier et la montrait
tout le monde. Il faut ajouter que j'ai incité dès le début les enfants
apporter leurs livres personnels en classe pour les montrer et pour que nous puissions les
lire ensemble. C'est
partir de ce moment précis qu'ils commenaient
apporter des livres en portugais, en anglais et en franais. Il y avait mme une
mère qui m'avait demandé si son fils avait "le droit" d'apporter aussi des
livres franais. Durant cette démarche, j'ai voulu essayer, comme nous
l'ont proposé Eve Gregory, Rosalyne George et Chris Kearney dans le cadre du séminaire
du mois de novembre de faire réécrire une histoire par les enfants. C'est surtout
l'expérience que C. Kearney décrit dans un article intitulé "Open Windows"
dans le périodique "English education" qui m'a montré l'importance d'un tel
projet.
J'ai choisi la période du stage prolongé o j'ai accueilli deux étudiants de
l'ISERP dans ma classe. Nous avons opté pour l'histoire Zilly, die Zauberin de Korky Paul
- Valerie Thomas (Parabel Verlag, Köln) que nous avons lue aux enfants.
Compte tenu du jeune ge de mes élèves, nous avons enregistré, comme ils en
avaient l'habitude, leur version de l'histoire. Les enfants étaient regroupés par 4.
Nous avons ensuite écrit sur ordinateur le texte de leur version et discuté ensemble
comment illustrer leur texte. Puis, ils ont réalisé des dessins et on a confectionné un
livre par groupe. Les enfants en étaient très fiers, ils l'emmenaient
la maison
tour de rle pour le montrer
leurs parents. Ils ont comparé leurs
livres, les images ainsi que le texte. Il faut ajouter que nous avons écrit les histoires
comme les enfants les ont racontés. Il est bien sr important d'amener les enfants
aussi vite que possible
écrire eux-mmes leurs textes. L'enseignant leur
donne l'appui dont ils ont besoin. Ce procédé établit un lien solide entre le processus
de la lecture et de l'écriture.
Conclusion Il y a donc beaucoup d'approches
possibles pour
familiariser les enfants avec les livres et, par l
, avec la lecture et l'écriture.
Ils pourront progresser dans leur zone proximale de développement (cf. Vygotsky) dans des
situations motivantes d'échanges langagiers authentiques et actifs. |
Astrid Senniger-Gros
astrid.gros@ci.educ.lu
Institutrice du primaire à Remich
Première année d'études
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