| 2) Les élèves fréquentant d'autres classes |
Une fois écrits, tous les textes étaient publiés.
Les enfants les lisaient attentivement, seuls ou avec un copain.
Ils recherchaient les mots inconnus ou demandaient une traduction.
Les grands situaient l'apprentissage dans un contexte: on apprend une
langue pour pouvoir communiquer. Ils remarquaient en même temps
que les élèves avaient déjà appris beaucoup
en lisant et en écrivant des histoires.
Ils ajoutent que la collaboration leur donne la possibilité
d'écrire de plus longues histoires. En écrivant avec les
grands, les travaux avancent plus vite. En outre, grâce à
la lecture commune, tout ce qui est resté incompris est
expliqué immédiatement.
Une autre façon de répéter des textes, de les lire
et d'en assurer la compréhension, était la collaboration
avec les enfants fréquentant les quatrième et
cinquième années d'études. J'avais souvent recours
à ces deux classes, non seulement pour lire un texte,
mais également pour écrire ou corriger une nouvelle
histoire.
La collaboration avec les autres enfants avait toujours un sens pour
les petits qui voulaient apprendre grâce à l'aide des autres.
La situation spéciale et l' attitude des enfants (aider ou apprendre)
rendaient ces activités communes toujours riches et productives
pour les deux parties: les grands et les petits en profitaient
chaque fois pour apprendre un peu plus.
Les plus jeunes avaient un partenaire qui les soutenait et les aidait.
J'étais souvent présente lorsque les grands louaient les
petits et étaient pleins d'admiration pour leur travail.
Cela encourageait évidemment les petits. D'autre part, chaque
enfant de la 2e apprenait beaucoup plus lors de telles séances
grâce à son partenaire qui le corrigeait, exigeait des
répétitions et l'aidait à trouver des mots dans le
dictionnaire. Les grands apprenaient à respecter et à
aider les petits - mais leurs compétences langagières
profitaient également de cette activité, car ce
n'était pas un exercice quotidien d'écrire un texte avec un
petit. Eux aussi devaient rechercher des mots, réfléchir
sur les tournures à prendre et solliciter l'aide de leurs copains.
Ils m'avouaient que cette tâche n'était pas facile. Ils se
rendaient compte qu'ils avaient appris (et oublié) beaucoup, mais
leurs connaissances ne suffisaient pas toujours pour pouvoir aider les
petits à raconter leur histoire. En effet, les
énoncés que réclamaient les petits n'étaient
pas nécessairement ceux auxquels les grands avaient pensé.
La plupart du temps, les enfants racontaient des histoires de la vie
quotidienne ou des choses qui les touchaient, mais souvent les
mots-clé de l'histoire leur manquaient. Comment traduire en effet
De Pussy kraazt um Krazbam? Heureusement qu'il existe des
dictionnaires!
Mes élèves étaient habitués aux
activités communes avec d' autres classes (préscolaire et
première année d'études), mais ce n'était pas
le cas pour les enfants de la cinquième. Voilà quelques
commentaires des enfants ainsi que de leur instituteur:
Les enfants de la cinquième étaient d'accord pour
répéter ces activités, ils proposaient même de
faire une séance où ils liraient leurs textes aux petits pour
voir s'ils pouvaient déjà suivre.
Lorsque je racontais cette idée à mes élèves,
ils étaient très fiers de pouvoir écouter les
histoires des grands. Ils aiment travailler avec eux. Je leur demandais
ce qu'ils pouvaient apprendre grâce à cette collaboration.
Voilà quelques réponses:
Je voudrais encore ajouter que des activités communes
aident les enfants à construire des rapports sociaux
authentiques et sincères: il n'y a ni la jalousie des petits
vis-à-vis des grands ni le mépris des grands
vis-à-vis des petits. Les petits sont fiers de travailler avec
les enfants plus âgés et les grands se font un plaisir
d' aider les plus jeunes. Ils ont même proposé de leur
présenter leurs propres travaux! Cela me montre l'importance de
sacrifier le temps nécessaire pour établir un cadre
structuré où les productions et les communications des
enfants ont la possibilité de s'établir et de
s'épanouir. Je suis presque sûre que les grands et les
petits qui s'entendent bien dans la salle de classe, n'ont pas de
problèmes à la récré ou après les cours.
Voici encore un exemple d'une collaboration entre les enfants de ma
classe, de la cinquième et des parents. Au départ de
l'apprentissage, j'avais l'idée de créer un livre
bilingue, contenant des histoires allemandes traduites également
en français. Les enfants de la deuxième écrivaient
une petite histoire allemande sur des sujets que je leur avais
proposés (animaux, aliments, vêtements, affaires de classe,
jouets). Ces mêmes histoires étaient traduites et
présentées par les élèves de la
cinquième année d'études.
Evidemment, les petits désiraient connaître la version
française de leur texte. Ils la lisaient ensemble avec leur
partenaire. Les petits comprenaient le sens, puisqu'ils connaissaient
l'histoire, en outre, ils avaient toujours la version allemande sous les
yeux. Les enfants voulaient également lire les histoires des
copains, ils avaient maintenant la possibilité de la lire en deux
langues. Le livret était accompagné d'une cassette sur
laquelle les enfants avaient enregistré les histoires dans les
deux versions. Pour l'enregistrement de la version française, nous
avions recours aux parents resp. aux frères et soeurs
aînés des enfants. (Ceci fut possible parce que ces
activités se déroulaient après les cours.)
Maintenant, ils peuvent écouter chez eux la cassette et lire en
même temps le texte du livret, c.-à-d. voir un mot et
entendre sa prononciation. Sur cette même cassette, il y a d'autres
histoires françaises racontées sur TEO.
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